DA MAG Novembre, numéro 103

SOMMAIRE

 

EDITO : Taxer la bêtise

DOSSIER : Equilibre nutritionnel, la nécessaire mutation de la DA

ANALYSE METIER : La "taxe soda" en questions

NOUVEAUTE PRODUIT : Nemeco
INTERVIEW : SandenVendo porte un vrai projet d'entreprise

 

EDITO

couv da mag 103 : UnileverTaxer la bêtise

Finalement, ce sera fromage et dessert. Les députés ont en effet voté la fameuse taxe soda lors des délibérations du vendredi 21 octobre, et pour que les comptes soient bons entre bons amis, ils en ont rajouté une bonne louche puisqu’une taxe supplémentaire a été instituée, portant sur les boissons contenant des édulcorants de synthèse. Les deux accises, de 6,22 € par hectolitre chacune, rapporteront chaque année respectivement 240 millions d’euros pour la première et 40 millions pour la seconde.

Pour ceux qui apprécient l’humour, je vous livre les intitulés : la première taxe sur les produits contenant des sucres ajoutés s’appelle « taxe de santé publique comportementale » et est censée contribuer à la lutte contre l’obésité pour moitié et alléger le coût du travail permanent dans l’agriculture pour l’autre moitié. La seconde est une « taxe de rendement » (sic) et pourrait être utilisée au bénéfice des agriculteurs. Vous remarquerez que c’est au conditionnel…

Facteur aggravant, Valérie Pécresse a indiqué que cette politique de taxation nutritionnelle était le début d’une nouvelle attitude des pouvoirs publics. Quand on pense que le Danemark est devenu le 1er octobre le premier pays à taxer les aliments contenant des matières grasses saturées, on imagine sans peine le boulevard que vient de s’ouvrir l’Etat en matière de taxation alimentaire, pour notre bien évidemment !

Tout ceci pose une question de fond : comment fera l’Etat quand nous serons tous devenus beaux, minces et musclés ? Je suggère, au cas où nos gouvernants seraient en mal d’imagination, de créer une taxe sur la bêtise. Il y aurait là une ressource universelle et quasi inépuisable.

Comme le disait Albert Einstein, « Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue. »


Bonne lecture.

Eric FROGER

efroger@la-da.com

DOSSIER

Equilibre nutritionnel : la nécessaire mutation de la DA

Dossier DA MAG 103Le lancement officiel le 2 novembre du label « Feel Good » par Navsa montre la prise de conscience de la profession du besoin d’ouvrir l’offre à des produits diversifiés. Pas de stigmatisation de tel ou tel aliment, mais la volonté de varier les propositions afin de répondre à une demande croissante des consommateurs, impulsée en partie par les pouvoirs publics.

Et c’est une bonne nouvelle. Car cette « mini révolution », bien gérée, peut apporter un nouveau souffle au marché. La demande des consommateurs est là, et les fournisseurs y répondent en adaptant leurs produits. Les gestionnaires, pour répondre à cette tendance de fond, et parce que leurs clients les sollicitent, s’engagent. De nombreux tests sont actuellement en cours. L’occasion de tenter l’implantation de nouveaux concepts. Certaines familles de produits, comme les légumes, les fruits ou encore les produits bio sont en effervescence. Un groupe comme Nutrition et Santé, spécialiste européen de la diététique et du bio, avec ses marques Gerblé, Gerlinéa et Cereal Bio, connaît un succès croissant en DA. « La démarche de Navsa en faveur d’une offre diversifiée et qualitative va revaloriser l’image du vending, qui a été injustement montré du doigt. J’ai toujours considéré que la suppression des DA dans les écoles avait été une fausse solution, car les jeunes vont acheter ailleurs. Ce qu’il convient de faire, c’est de retravailler l’offre pour proposer un large assortiment car manger équilibré, c’est manger varié », soutient Jean-René Pellicer, responsable commercial RHD/DA de Nutrition & Santé. Si on lui oppose l’argument du prix des produits, la réponse ne se fait pas attendre : « C’est un faux problème également, car les produits que nous vendons en DA le sont aussi dans les magasins de proximité sans que ce soit un frein à la vente. Ce n’est pas parce qu’on achète dans un distributeur automatique qu’on doit nécessairement payer moins cher », affirme Jean-René Pellicer. La qualité a un prix. Si l’on considère en effet qu’un automate est une petite boutique, on ne voit pas pourquoi il n’y aurait pas, comme dans la majorité des points de vente, un assortiment différencié en termes de produits et de prix. A condition de bien choisir son assortiment. Chez Nutrition & Santé, l’adaptation des produits dédiés à la DA se fait à partir des best-sellers vendus dans les autres circuits.

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ANALYSE METIER

La « taxe soda » en questions

La « taxe soda » en questions

Les boissons rafraîchissantes sont en pleine effervescence. Face aux effets d’annonces et fluctuations des mesures émanant des Pouvoirs Publics depuis l’été 2011, la DA peine à s’y retrouver. Revue de détails d’un dispositif qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Comment s’exprimer et définir une stratégie cohérente à partir de mesures dont les tenants et aboutissants restent à géométrie variable et dont le dispositif peine à être acté par les Pouvoirs Publics ? Cette réflexion émanant d’un gestionnaire de DA résume la confusion dans laquelle la « taxe soda » plonge aujourd’hui la profession.
A l’heure où nous mettons cette édition sous presse, le dispositif arrête le principe d’une taxe affectant les boissons avec sucres ajoutés et élargie à celles contenant des édulcorants. Face à la confusion relative aux modalités d’application de cette mesure, un petit rappel des faits s’impose, sachant qu’elle devrait être inscrite à la Loi de Finances 2012 pour entrer en application le 1er Janvier. Le 24 août dernier, le Premier Ministre François Fillon annonçait un dispositif d’austérité global destiné à endiguer le déficit public. Parmi l’arsenal de mesures annoncées, les boissons sucrées ont rejoint l’autel des produits taxés, à l’instar du tabac et des alcools, sur la base d’arguments de santé publique et de lutte contre l’obésité. Face aux réactions de l’ANIA et des fournisseurs, le gouvernement gomme alors cet argument pour placer cette taxe sous le signe de l’aide au secteur agricole et à l’assurance-maladie. Au-delà de ces justifications, le montant et le périmètre de la taxe soda ont également fait l’objet de fluctuations, portant à l’origine sur les boissons avec sucres ajoutés pour exclure celles contenant des édulcorants… avant de les inclure à nouveau.
Mi-octobre, les Pouvoirs Publics annonçaient une réduction sensible du montant de la taxe (de 7,16 € à 6,22 € par hectolitre) sur toutes les boissons rafraîchissantes (à l’exception des eaux minérales). A priori, la « taxe soda » ainsi revue et corrigée renchérira de 2 centimes d’euros le prix de la canette de 33 cl (NDLR : calcul effectué par Gilles Carrez, Rapporteur général de la Commission des Finances), engrangeant tout de même une addition globale de 280 millions d’euros, dont 40 M€ provenant des seulesboissons « light ».

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NOUVEAUTE PRODUIT

Nemeco mise sur des boissons naturelles venues d’ailleurs Koh Coconut

Bien connue pour distribuer la gamme de smoothies de fruits signée Nu, la société Nemeco élargit son catalogue de boissons rafraîchissantes naturelles à des infusions d’Aloe Vera, des thés asiatiques et une pure eau de coco

Au-delà du fait que Nemeco apporte de la diversité dans les distributeurs, la société dirigée par Paul Nehmé ne craint pas d’étoffer son offre en apportant des boissons nomades aux tonalités venues d’ailleurs. Ses dernières initiatives surfent sur les impératifs de naturalité et de bien-être exprimées par le consommateur.
Parmi les dernières trouvailles de Nemeco, Vivaloe fédère une large gamme d’infusions élaborées à Taiwan, à partir de morceaux entiers d’Aloe Vera, une plante contenant seize acides aminés et vingt minéraux. Tandis que la référence nature est simplement sucrée au miel et à la canne à sucre, les références citron vert, pêche, melon, pastèque combinent les saveurs des jus de fruits à la pulpe d’aloe vera. Ces boissons riches en antioxydants conditionnées en bouteilles PET de 50 cl sont parfaitement naturelles, car elles ne contiennent ni colorant, parfum artificiel, fructose, conservateur, poudre ou gélatine.

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INTERVIEW

SandenVendo porte un vrai projet d’entreprise G-Drink

A l’issue d’une Convention internationale, Jean-François Suteau, le nouveau directeur France de SandenVendo, expose à la profession le projet d’entreprise du fabricant, un projet de portée mondiale ouvrant de larges horizons. Interview.

Vous rentrez d’une Convention internationale et avez tenu à prendre la parole pour exposer le projet de SandenVendo. Quel est ce projet ?
Nous avons effectivement été réunis récemment lors d’une Convention organisée par notre direction japonaise, au cours de laquelle elle nous a fait part de sa vision du marché et de ses ambitions pour le Groupe. En synthèse, l’idée générale est qu’il y a énormément de changements en ce moment en distribution automatique, et ce, sur l’ensemble des marchés nationaux à l’échelon mondial. Ces changements sont d’ailleurs dans la droite ligne des changements globaux de l’économie. Dans ce contexte, SandenVendo souhaite saisir les opportunités qui se présenteront et pour cela prendre position dès maintenant. Nous allons nous développer à long terme vers l’HoReCa, passer des partenariats avec les industriels agroalimentaires en apportant des réponses au niveau mondial. La première mise en œuvre de cette stratégie sera visible à Venditalia où nous présenterons de belles choses, ce sera un vrai rendez-vous avec la profession.
Plus globalement, je dirai que nous démarrons un nouveau cycle, avec des managers japonais de plus en plus présents et qui nous communiquent leur expérience conséquente de la distribution automatique. Il ne faut pas perdre de vue ce qu’est la distribution automatique au Japon !

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